MONGOLIE
  

MONGOLIE

Mongolia, Mongolie le 04/06/2012

 
Après 8 heures de vol, on atterrit à Séoul pour 10 heures d'escale. On pensait pouvoir en profiter pour visiter la ville mais comme on est en zone de transit, nous ne sommes pas autorisés à sortir du terminal. Mais la bonne nouvelle, c'est que cet aéroport a été élu plusieurs années d'affilée "meilleur aéroport du monde", avec accès internet, fauteuils de massage et couchettes pour se relaxer entre deux vols, le tout gratuitement, ce qui nous a entre autres permi de mettre en ligne l'article sur l'Indonésie. Bref, notre deuxième vol décolle à 20h30, pour atterrir 2h plus tard à Oulan Bator, la capitale mongole. Le contraste est énorme, l'aéroport est radicalement plus petit et austère, les routes en piteux état, et le paysage urbain - constitué de cheminées d'usines et de ce qui ressemble à une centrale nucléaire- n'est pas très accueillant. Notre taxi nous dépose à la "UB Guesthouse", l'auberge de jeunesse que nous avions réservé. Le lendemain, on commence à se renseigner sur les agences proposant des tours organisés dans la steppe : vous l'aurez compris, l'intérêt de la Mongolie n'est pas dans sa capitale.

On rencontre Benoit et Chloé, un couple de français avec qui on décide de réserver un tour de 10 jours à cheval, via l'agence française Horsetrails implantée à Karkhorin, l'ancienne capitale, à 400 km de là. Et oui, le pays est grand. Enclavé entre la Russie (plus grand pays du monde), et la Chine (4ème plus grand pays du monde), la Mongolie fait quand même 3 fois la superficie de la France ! Avec seulement 3 millions d'habitants et une densité de population de 1,7 habitants/km² (contre 97 habitants/km² en France) la Mongolie regorge de grands espaces, et on ne va pas tarder à les découvrir sur la route. Le lendemain de notre réservation auprès de Horsetrails, on essaie d'acheter nos tickets de bus pour Kharkorin mais le bus est plein, on trouve finalement un mongol qui nous propose de nous y emmener pour à peine plus cher, on passe chez lui avant le départ pour se munir d'une roue de secours supplémentaire. Les banlieues de la ville ressemblent un peu à des bidons-villes (le tiers des mongoles vivent sous le seuil de pauvreté), avec des yourtes (habitations locales en forme de tente, ne comportant qu'une pièce), des cabanes en bois, des usines désaffectées aux vitres cassées, des bus rouillés sans roues gisant sur le bord des routes, ... tout ça inspire parfois une atmosphère de fin du monde...

Après 6 heures de route, 2 crevaisons (heureusement qu'il avait prévu une deuxième roue de secours !) et une transmission bien amochée, nous arrivons à Kharkorin, au Morin Jim Café, tenu par Tuya, une mongole qui parle anglais, qui est le point de départ/arrivé des tours organisés par Horsetrails. On passe notre première nuit en yourte et le lendemain, c'est parti pour 10 jours à cheval à 5 personnes et 6 chevaux (un cheval de bât en plus pour porter nos affaires) avec respectivement "Dude", le cheval de Virginie, et "Bolton", celui d'Antoine. Notre guide mongol, Atza, parle anglais, ce qui nous simplifie les choses même si il ne nous explique rien concernant le maniement du cheval (on est tous les 4 débutants), mais on commence doucement, au pas, puis au trot, et à la fin de notre première journée, on fait même un peu de galop. Notre itinéraire est basé sur une moyenne de 25 km par jour, de yourte en yourte, dans lesquelles nous prenons les repas et passons les nuits. Le confort est rudimentaire voire inexistant : une seule et unique pièce circulaire pas plus grande que 25m² où l'on tient rarement debout sans se courber, pour des famille de plus ou moins 4 personnes + nous 5 , pas d'eau courante, pas d'électricité.

 

Et oui, on oublie l'intimité, la douche, les toilettes, l'ordinateur, le four micro-ondes, ... Bon, il y a parfois un panneau solaire ou une batterie pour alimenter une ampoule et une TV quand il y en a une. Quand à l'eau, si on est chanceux, la rivière n'est pas très loin et les mongols y remplissent des jerricans et font ensuite bouillir l'eau pour la rendre potable, ils l'utilisent aussi pour se laver (nous aussi d'ailleurs), sinon, ils prennent un véhicule quand ils en ont un et partent chercher l'eau la plus proche (parfois des kilomètres) pour y remplir de gros bidons. De toute façon, les mongols ne sont pas de grands buveurs d'eau, leur boisson fétiche est le thé au lait salé. Un peu étrange la première fois mais on s'y fait vite et heureusement car on nous en offre un bol à chaque arrivée dans une nouvelle yourte et à tous les repas. La cuisine mongole est basée sur les saisons : l'hiver, c'est la nourriture rouge, la viande des moutons ou yacks qu'ils abattent (où même loups et marmottes, qu'ils chassent) et l'été, c'est plutôt la nourriture blanche, à base de produits laitiers (fromages, yaourts, crèmes, ...) avec également des plats de riz ou pates accompagnés de viandes séchées puis bouillies. Pas mauvais dans l'ensemble, mais c'est pas vraiment le pays dans lequel on vient pour la gastronomie...

Mais pourquoi et comment les mongols vivent ils de cette façon ? Et bien ils sont en fait l'un des derniers peuples nomades, contraints de démonter leurs yourtes et de déménager entre deux et quatre fois par an vers des sites où l'herbe est plus denses pour permettre à leurs troupeaux de paître et de résister à l'hiver. Un mode de vie difficile qui fait désormais partie de leur culture. Le"pays au ciel bleu" est en effet très aride (voire désertique dans le tiers Sud du pays où se situe le désert de Gobi) et les variations de climats y sont extrèmes, Oulan Bator est d'ailleurs la capitale la plus froide du monde. Le mercure peut facilement grimper jusqu' à plus de 30°C l'été et chuter jusqu'à moins de - 40°C l'hiver (record en 2001 avec -57 °C) ce qui est parfois fatal pour les troupeaux et même pour certains mongols. Les amplitudes sont énormes autant sur l'année que sur la journée, il est courant d'avoir - 5°C la nuit et 30 °C la journée, heureusement, on avait loué de bons sacs de couchages. Mais si le climat est difficile, les Mongols à l'inverse, sont très chaleureux et généreux. Ils mènent une vie simple, les enfants s'amusent avec rien et galopent comme des dieux dès qu'ils ont l'âge de marcher ou presque et viennent toujours nous trouver pour jouer avec eux.

On a d'ailleurs eu l'occasion de les voir à l'oeuvre durant le Naadam, un festival annuel réunissant 3 disciplines : luttes, courses de chevaux et tir à l'arc. Bon, en fait c'était pas le "vrai" Naadam mais un genre de festival local du même genre, un bon prétexte pour se réunir, faire la fête et boire un peu de Vodka pour certains... L'épreuve de course de chevaux est impressionante, les participants ont une dizaine d'année, pas plus, et montent les chevaux à cru, c'est à dire sans selle, ni étrier, seulement une sorte de tapis non attaché au cheval, avec une anse pour plus ou moins se tenir. Ils trottent sur 22 km et reviennent au galop le plus rapidement possible jusqu'à la ligne d'arrivée où le public les attend.

On y a rencontré Mathilde et Fabien, français eux aussi, en Mongolie pour 2 mois. Cavaliers certifiés et parlant (enfin apprenant surtout) la langue mongole et son alphabet cyrillique, ils nous ont appris pas mal de choses sur les us et coutumes, l'histoire, ... de la Mongolie.

En effet, on a plus sentit la barrière de la langue dans ce pays qu'ailleurs en Asie car le peu de mongols qui parlent anglais vivent à Oulan Bator, les nomades n'en ont pas l'utilité même si les enfants commencent à en apprendre les bases à l'école. Mais on a quand même réussi à se comprendre un peu avec le language des signes, les attitudes, les regards et puis notre guide, Atza, était là pour faire la traduction au cas où, ce qui nous a d'ailleurs bien aidé pour jouer aux cartes avec eux parce qu'expliquer des règles de jeu c'était vraiment pas facile. Quand à eux, enfin elles plutôt, elles ont quand même réussi à demander à Virginie de leur faire une épilation des sourcils après avoir appris qu'elle était esthéticienne !

Pendant ces dix jours en pleine nature mongole, on en a vraiment pris plein la vue. Les steppes désertiques, les montagnes, les plaines, les chutes d'eau, les forêts, les ruisseaux, ... toujours perdus dans l'immensité. On se sentait déconnecté, libre, dans une autre dimension, ça a été une période à part de notre voyage, et les paysages nous ont remémorés ce qu'on a pu trouver dans d'autres pays : les grands espaces désertiques d'Australie, les forêts de conifères du Canada, les collines peuplées de moutons d'Irlande ou de Nouvelle Zélande, ...

Après environ 220 km parcourus sur 4 pattes, on était quand même content d'être de retour à Karkhorin car les courbatures aux fesses, aux genoux, au dos, ... commençaient à être bien douloureuses et la douche a également été la bienvenue ! On en a profité pour visiter le monastère bouddhiste de la ville, rencontrer des voyageurs de tous ages, parfois tours-du-mondistes, et échanger avec eux nos différentes expériences, puis on a repris le bus vers Oulan Bator pour passer nos derniers jours dans ce magnifique pays et préparer notre périple en Russie, notre prochaine destination non pas sur quatre pattes, mais sur deux rails cette fois-ci...

 

Commentaires

 Cécile
La Mongolie a beau se trouver à des milliers de kms, on vous sent de plus en plus proches de nous! mais c'est le calendrier qui veut ça, eh oui on compte les semaines... bonnes découvertes en Russie, et à très bientôt maintenant! biyou
 Stef
Toujours aussi palpitant ce voyage ... On ne se lasse pas de suivre vos aventures. On voudrait que ça ne s'arrête jamais, sauf que vous finiriez par nous manquer drôlement ! On a quand même hâte de vous revoir en vrai ! Gros bisous.
 Villemot
bonjpour
Cette fois ci c est moi...yann. Vos photos sont superbes et vos commentaires intelligents donnent vraiment envie de sortir de notre quotidien et sentiers battus. Vous vivez une experience unique. Cela me ramene 40 ans en arriere(mais je n étais pas allé aussi loin)
la rencontre de l autre vaut toute les études et examens
Au plaisir de vous revoir le 8 septembre. Continuez votre route. je vous souhaite bonne route, plein de bonnes rencontres
bises de nous 3
Y@nn



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